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	<title>nopib &#187; Démocratie &amp; Gouvernance</title>
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	<description>Le climat change, changeons d&#039;indicateurs !</description>
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		<title>Et si Wikileaks était une chance ?</title>
		<link>http://nopib.fr/2010/12/et-si-wikileaks-etait-une-chance/</link>
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		<pubDate>Thu, 16 Dec 2010 19:46:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Démocratie & Gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[À la une]]></category>
		<category><![CDATA[wikileaks]]></category>

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		<description><![CDATA[Wikileaks est là pour durer
Tout comme il était difficile d’expliquer, hier, à des néophytes, qu’essayer d’arrêter le piratage de mp3 était techniquement une illusion, et que le plus efficace consistait à s’adapter à la situation, il est tout aussi complexe d’expliquer pourquoi Wikileaks ne s’arrêtera pas, et qu’il faudra faire avec.
C’est comme ça.
A partir du moment où une information est numérique, c’est comme ça.
Vous ne pouvez en contrôler parfaitement la circulation, il y a des fuites. C’est vrai avec un CD rippé en mp3 (une fuite de son circuit de distribution fermé initial), tout comme avec des documents militaires, copiés sur une clé USB ou un CD vierge.
Pire, plus vous cherchez à contrôler la circulation d’une information numérique, plus vous perturbez cette circulation et rendez le système inefficace et coûteux.
Ce que Wikileaks va faire subir aux militaires, aux Etats, demain aux banques et sans doute sous peu aux grandes multinationales, est de la même ampleur que ce que le P2P a fait subir à l’industrie de la musique.
Un bouleversement systémique, essentiellement dû à une force mystérieuse, dont les adeptes se comptent depuis longtemps par millions, qui semble vouloir que comme l’Homme, l’octet, lui aussi, aspire à être Libre.
Les petits ennuis financiers des maisons de disques, par rapport à ce qu’il ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Wikileaks est là pour durer<br />
</strong><a href="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks_rww1.gif"></a><a href="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks_rww2.gif"><img class="alignleft size-medium wp-image-325" title="wikileaks_rww" src="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks_rww2-300x137.gif" alt="wikileaks_rww" width="300" height="137" /></a>Tout comme il était difficile d’expliquer, hier, à des néophytes, qu’essayer d’arrêter le piratage de mp3 était techniquement une illusion, et que le plus efficace consistait à s’adapter à la situation, il est tout aussi complexe d’expliquer pourquoi Wikileaks ne s’arrêtera pas, et qu’il faudra faire avec.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est comme ça.</p>
<p style="text-align: justify;">A partir du moment où une information est numérique, c’est comme ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous ne pouvez en contrôler parfaitement la circulation, il y a des fuites. C’est vrai avec un CD rippé en mp3 (une fuite de son circuit de distribution fermé initial), tout comme avec des documents militaires, copiés sur une clé USB ou un CD vierge.</p>
<p style="text-align: justify;">Pire, plus vous cherchez à contrôler la circulation d’une information numérique, plus vous perturbez cette circulation et rendez le système inefficace et coûteux.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks_rww_1.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-305" title="wikileaks_rww_1" src="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks_rww_1.gif" alt="wikileaks_rww_1" width="240" height="168" /></a>Ce que Wikileaks va faire subir aux militaires, aux Etats, demain aux banques et sans doute sous peu aux grandes multinationales, est de la même ampleur que ce que le P2P a fait subir à l’industrie de la musique.</p>
<p style="text-align: justify;">Un bouleversement systémique, essentiellement dû à une force mystérieuse, dont les adeptes se comptent depuis longtemps par millions, qui semble vouloir que comme l’Homme, l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Octet">octet</a>, lui aussi, aspire à être Libre.</p>
<p style="text-align: justify;">Les petits ennuis financiers des maisons de disques, par rapport à ce qu’il se passe aujourd’hui, désormais, qui va s’en soucier ? Personne.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ne vous y trompez pas, cette liberté revendiquée par ceux qui se sont battus contre Hadopi, résonne parfaitement avec celle que nous fait entrevoir Wikileaks, la liberté des octets.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Wikileaks n’est qu’un concept disruptif</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong>Mais avant tout, on n’arrêtera pas Wikileaks parce que Wikileaks n’est pas simplement un site, c’est un concept. Il n’est pas le seul, d’ailleurs, d’autres, comme Cryptome, qui a participé à la fondation de Wikileaks, font moins parler d’eux mais sont potentiellement tout aussi disruptifs, voir bien plus.</p>
<p style="text-align: justify;">En passant par l’intermédiaire de la presse, Wikileaks a fait une concession importante par rapport à sa vision originelle, toujours défendue par d’autres qui depuis ont fait sécession et <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/vu-sur-le-web/20101211.OBS4515/un-ancien-de-wikileaks-prepare-un-site-concurrent.html">préparent leur propre projet</a>, plus radical.</p>
<p style="text-align: justify;">Plutôt que de passer par la presse et de distiller les informations au compte goutte, cette nouvelle génération de Wikileaks procéderait à des ‘dump’ massifs. Tout, d’un coup, en vrac, et sans passer par un intermédiaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Passer par la presse, et publier au compte goutte, pose la question du choix éditorial de Wikileaks. Pourquoi telle information a-t-elle été publiée, plutôt qu’une autre, qui le sera peut être dans six mois ? Quelle est l’intention de Wikileaks ?</p>
<p style="text-align: justify;">On peut se perdre en conjectures sur le sujet, c’est au mieux une perte de temps et bien souvent une tentative maladroite pour noyer le poisson et éviter d’avoir à regarder les choses en face. Le plus simple est encore de lire les écrits d’Assange.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://zunguzungu.wordpress.com/2010/11/29/julian-assange-and-the-computer-conspiracy-%E2%80%9Cto-destroy-this-invisible-government%E2%80%9D/#">Son intention </a>n’est pas de faire tomber tel chef d’Etat ou de porter atteinte à tel intérêt, il veut tout simplement détruire les formes actuelles de gouvernance, que lui et le courant de pensée qu’il représente, considèrent comme des conspirations.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’il réussisse à les détruire n’est pas (encore ?) évident, mais qu’il les oblige à changer de façon radicale et accélérée ne fait désormais aucun doute.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La conspiration selon Assange</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><strong><br />
</strong>N’allez pas croire qu’Assange croit à une grande conspiration qui nous cacherait l’existence d’aliens vivant parmi nous (update: <a href="http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/wikileaks/8180528/Wikileaks-new-diplomatic-cables-contain-UFO-details-says-Julian-Assange.html">quoi que</a>). Il a une définition bien différente de la conspiration :</p>
<p style="text-align: justify;">Les régimes autoritaires donnent naissance à des forces d’opposition en faisant pression sur les individus et la volonté collective qui aspirent à la liberté, la vérité et l’accomplissement individuel. Les plans qui font marcher le régime, une fois découverts, provoquent une résistance. Dès lors, ils sont gardés secrets pour permettre au régime de connaître le succès. Ceci est suffisant pour qualifier leur conduite de conspiratoire.<br />
Une conspiration, c’est, pour Assange, un réseau d’individu qui se partagent de façon exclusive des informations pour leur bénéfice, et au détriment de ceux qui n’y ont pas accès.</p>
<p style="text-align: justify;">Effectivement, force est de constater que l’armée américaine et le gouvernement des USA tombent dans cette catégorie, ce qui explique le choix des cibles de Wikileaks. Tout comme le choix d’une banque qui abriterait des systèmes de corruption à large échelle, que Wikileaks promet de mettre à nu prochainement, ainsi que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/WikiLeaks#Affaires_m.C3.A9diatis.C3.A9es_par_le_truchement_de_WikiLeaks">les nombreuses organisations </a>dont le site a déjà fait fuiter des informations. Un très grand nombre d’entreprises sont aussi de bonnes candidates, ainsi que de nombreuses autres organisations, comme la presse, qu’Assange classe au rayon des conspirateurs (un point de vue semble-t-il <a href="http://www.liberation.fr/monde/01012307101-wikileaks-les-medias-francais-severement-critiques-par-les-americains">partagé par l’ambassade des Etats-Unis à Paris</a>).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La conspiration comme réseau</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks_rww_21.gif"><img class="aligncenter size-full wp-image-307" title="wikileaks_rww_2" src="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks_rww_21.gif" alt="wikileaks_rww_2" width="554" height="415" /></a><a href="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks_rww_2.gif"></a></p>
<p style="text-align: justify;">En bon geek, Assange aborde les conspirations qu’il veut abattre comme un réseau. Un réseau qui a besoin de communiquer, mais dans le secret, car si révéler ses plans aux yeux de tous susciterait une résistance qui l’empêcherait de fonctionner, ne pas faire circuler l’information nécessaire à la réalisation de ces même plans serait tout aussi désastreux. Un réseau qui n’est pas inscrit sur un organigramme, mais un réseau tout de même, dont aucun nœud, si puissant soit-il, n’a nécessairement une vision claire de l’ensemble. Rien de bien compliqué pour quelqu’un comme Julien Assange.</p>
<p style="text-align: justify;">Familier avec la culture hacker, Assange détourne le système, et y introduit le virus de la ‘fuite’, inévitable conséquence du passage à l’ère du numérique, où les notions de copie, de circulation, de partage et de consommation de l’information sont, techniquement, parfaitement similaires (un leçon que l’industrie du disque n’a toujours pas comprise).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/network_rww_31.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-310" title="network_rww_3" src="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/network_rww_31.jpg" alt="network_rww_3" width="594" height="556" /></a><br />
Pour Assange (et j’avoue partager son point de vue), les conséquences de la possibilité d’une fuite dans une organisation qui poursuit un but caché du plus grand nombre sont désastreuses :</p>
<p style="text-align: justify;">Plus une organisation est secrète ou injuste, plus la possibilité d’une fuite y amène peur et paranoïa au sein des ses dirigeants et de ses cadres. Cela doit aboutir à une diminution de l’efficacité de ses mécanismes de communication internes (et une augmentation de la ‘taxe au secret’) et à un déclin de la capacité à traiter de l’information de l’ensemble du système, qui aboutirait à une incapacité à conserver le pouvoir dans un environnement qui demanderait de s’adapter.</p>
<p style="text-align: justify;">Par conséquent, dans un monde ou les fuites sont faciles, les organisations secrètes ou injustes seraient plus touchées que les organisations ouvertes et justes. Puisque les organisations injustes donnent naissance à une opposition, et n’arriveront à conserver le pouvoir qu’à peu d’endroits. Des fuites publiées en masse les laisseront vulnérables et à la merci de ceux qui cherchent à les remplacer par des formes plus ouvertes de gouvernance.<br />
En introduisant le concept de Wikileaks, Assange fait exploser le coût de cette ‘taxe au secret’, que l’organisation doit débourser pour confiner à elle seule la circulation de l’information indispensable à sa survie.</p>
<p style="text-align: justify;">L’industrie du disque, là encore, donne un (tout) petit aperçu du problème. Pour tenter de confiner la circulation de fichiers musicaux à un ensemble (relativement) contrôlé d’utilisateurs (ceux qui l’on payé), les sommes qu’elle devrait débourser seraient colossales (en même temps, c’est l’Etat qui paie). Avec le virus de la fuite, le problème se généralise à toute organisation qui fait circuler de l’information confidentielle en circuit fermé.</p>
<p style="text-align: justify;">En perturbant la circulation de l’information qui y circule en interne, Assange veut ralentir ces organisations ‘complotistes’ pour les rendre moins efficaces, plus lourdes et plus coûteuses. Et devinez quoi : <a href="http://www.reuters.com/article/idUSN0115242920101201">ça marche</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ses écrits, Assange s’attend à ce qu’ainsi poussées dans leurs retranchements, ces organisations révèlent leur vrai visage et leur caractère autoritaire, et se mettent, par exemple, à censurer la presse. Et devinez quoi : <a href="http://www.youtube.com/watch?v=RvMn4q4FNHg">ça marche</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui le gouvernement américain, hier son armée, demain, une grande institution financière. Qu’il s’agisse de Wikileaks ou d’un projet alternatif, toutes les organisations qui fonctionnent sur la base d’informations gardées secrètes par une élite est, qu’elle le réalise ou pas, dans une situation de crise absolue.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le système de gouvernance avec lequel l’humanité a fait son chemin jusqu’à aujourd’hui  qui est remis en question. La distinction entre démocratie et dictature n’est pas énorme de ce point de vue là.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Assange, les démocraties contemporaines ne sont que des régimes autoritaires qui gardent secret leurs intentions et manipulent les masses en contrôlant le flot de l’information afin de les leurrer. Une façon de voir qui trouvera echo chez beaucoup, tant <a href="http://www.france.fr/">dans certains pays</a>, la mise en scène est grossière et cousue de fil blanc.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks_rww_41.jpg"><img class="size-medium wp-image-311 aligncenter" title="wikileaks_rww_4" src="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks_rww_41-300x193.jpg" alt="wikileaks_rww_4" width="300" height="193" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Demain (matin)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong><strong><br />
</strong>La première réaction de tout système est de chercher à se préserver, et c’est ce à quoi nous assistons en ce moment. Une chasse à l’homme qui a de bonnes chances de faire d’Assange au mieux un héro et au pire un martyr, des attaques informatiques contre Wikileaks qui l’a poussé à se déployer et à disséminer son contenu aux quatre coins du monde, et <a href="http://guybirenbaum.com/20101209/la-transparence-qui-vient-a-petits-pas/">une multitudes de lois en projet </a>ou <a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/12/09/a-la-une/wikileaks-dynamite-loppsi/">sur le point d’être votés</a>, permettant à l’Etat français de censurer des informations sur internet sans recourir à la justice, d’y interdire les appels au boycott, d’y publier des informations sensibles sur une entreprises française, et même d’y appeler à manifester.</p>
<p style="text-align: justify;">Démocratie ? Plus vraiment.</p>
<p style="text-align: justify;">La stratégie d’Assange est redoutable, en faisant exploser la ‘taxe au secret’ de ces organisations, il rend leur coûts de fonctionnement exorbitant, et grippe leur fonctionnement.</p>
<p style="text-align: justify;">Une ritournelle que les lecteurs habituels de ReadWriteWeb ont déjà entendu, quand il s’agissait d’expliquer pourquoi les coûts technologiques d’Hadopi allaient nécessairement crever le plafond au vu de l’inexorable force d’innovation à laquelle ils s’opposent.</p>
<p style="text-align: justify;">Ici, c’est la même chose, mais pour les gouvernements, les entreprises, les banques, les églises, les partis politiques, les syndicats…</p>
<p style="text-align: justify;">Inutile de vous dire qu’il n’y a pas suffisamment d’argent sur terre pour payer une telle taxe sur le secret. La seule alternative au verrouillage et au passage à une nouvelle forme de régime autoritaire – la société de la surveillance – c’est ce que beaucoup appellent déjà la dictature de la transparence.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Après demain</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong>La nature geek et binaire d<a href="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks_rww.gif"></a>u virus qu’Assange a ainsi lancé sur les modèles de gouvernance contemporains fait que les positions intermédiaires risquent d’être délicates à tenir. Faire comme si de rien n’était et continuer comme avant n’est, quoi qu’il en soit, en aucun cas une option. Le numérique est désormais au centre de l’échiquier politique, diplomatique, militaire, et plus que jamais, économique.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, nous risquons d’avoir à choisir entre deux nouvelles formes de dictatures (si tant est que la transparence en soit une). Celle de la société de la surveillance a été abondamment décrite, entre autre par Orwell, et <a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/01/12/analyse/deep-packet-inspection-censure-filtrage/">nous sommes à sa porte aujourd’hui</a>, l’alternative reste à écrire, à moins que 1984 vous tente.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme l’industrie du disque et son modèle économique hier, le monde se retrouve confronté,brutalement, à l’obsolescence de son modèle de gouvernance face à la civilisation du numérique dans lequel il est entré. Des choix radicaux devront être faits dans les mois et les années à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">La France se réveille, avec son éternel retard sur le numérique, dans un monde nouveau. Des élites au pouvoir parfaitement inaptes à comprendre ce qu’il se passe, et vraisemblablement <a href="http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/221132141/un-scandale-francais-sur-wikileaks-serait-un-casse-tete-leg">balayées d’ici peu </a>par des fuites fatidiques, venues confirmer ce que tout le monde soupçonne ou apporter une pierre de plus à l’édifice des scandales.</p>
<p style="text-align: justify;">Etant donné l’ineptie de la gouvernance en place pour tout ce qui touche au numérique, on ne peut vraisemblablement pas à ce stade éviter une dérive accélérée vers la société de la surveillance, déjà bien entamée. Mais prétexter Hadopi, les pédophiles ou Dieu sait quoi ne leurrera plus personne désormais.</p>
<p style="text-align: justify;">Hadopi (et sous peu Loppsi, <a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/12/09/a-la-une/wikileaks-dynamite-loppsi/">elle aussi dynamité par Wikileaks </a>il y a plus d’un an) ont montré qu’il n’y a pas grand chose à attendre des contres-pouvoir habituels d’une démocratie. Parlement godillot et justice sur le banc de touche, circulez, il n’y a rien a voir.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu de chances pourtant que les élections soient annulées. Pour l’instant, <a href="http://www.flickr.com/photos/avlxyz/5248379951/">les manifestations de soutien sont plutot bon enfant </a>(même s’il est évident que nous aurons des émeutes, et qui sait, des révolutions Wikileaks quelque part un jour). Nous devrions en arriver, dans 15 mois désormais, à choisir entre deux ou trois projets de sociétés (continuer comme avant n’étant, je me répète, plus vraiment une option).</p>
<p style="text-align: justify;">Ces projets porteront des choix essentiels en matière de libertés numériques, car celles-ci viennent de sauter à la figure de tous, là où l’essentiel des citoyens français, parce qu’ils avaient un usage modéré ou inexistant d’internet, ne se pensaient pas un instant concernés par ces enjeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces libertés numériques orienteront notre avenir de façon radicale. Dictature de la transparence, société de la surveillance, une seule chose est sûre pour l’instant, c’est maintenant qu’il faut choisir.</p>
<p style="text-align: justify;">&lt;si vous souhaitez diffuser cet article à destination de vos lecteurs sur votre blog/média/whatever, n’hésitez pas, ce n’est pas moi qui vais vous faire un procès pour contrefaçon <img src='http://nopib.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  Mettez juste un lien vers l’original&gt;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/12/13/a-la-une/si-wikileaks-tait-une-chance/">Article original publié sur ReadWriteWeb</a> par Fabrice Epelboin</strong></p>
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		<title>La liberté c&#8217;est le lien, par Thierry Crouzet</title>
		<link>http://nopib.fr/2010/05/la-liberte-cest-le-lien-par-thierry-crouzet/</link>
		<comments>http://nopib.fr/2010/05/la-liberte-cest-le-lien-par-thierry-crouzet/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 11 May 2010 13:24:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Démocratie & Gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[Sélection]]></category>
		<category><![CDATA[À lire]]></category>

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		<description><![CDATA[Billet sélectionné et repris par NoPIB, avec l&#8217;aimable autorisation de Thierry Crouzet.

Dans un monde de plus en plus fluide, les structures hiérarchiques perdent en efficacité en même temps qu’elles froissent les individus épris de nomadisme. Pour favoriser l’innovation, la créativité, le bonheur de vivre, il faut créer des environnements propices à l’interaction sociale plutôt que vouloir créer des entreprises sur l’ancien modèle des startups.
L’accroissement de la complexité
Horizontalité, transversalité, réseau, coopération, collaboration… nous utilisons de plus en plus souvent ces mots pour désigner les nouvelles structures de travail et, plus généralement, d’organisation. Est-ce un phénomène de mode ou la conséquence d’une évolution plus profonde, et d’une certaine manière irréversible ?
Répondre à cette question est un préalable. Si nous vivons une mode passagère, inutile peut-être d’y adhérer. En revanche, si le phénomène s’inscrit dans notre histoire, il serait vain de le nier ou de s’arcbouter contre lui. Quelle peut donc être son origine ? Qu’est-ce qui le provoque ?
Utilisons une métaphore pour mieux comprendre la situation. Au cours d’une partie de billard, le joueur frappe la boule blanche qui en frappe d’autres, qui en frappent d’autres à leur tour. Quelle que soit la force de l’impulsion initiale, au bout de quelques secondes les boules s’immobilisent à cause des frottements. Un bon mathématicien ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Billet <a href="http://blog.tcrouzet.com/2010/05/08/la-liberte-le-lien/">sélectionné</a> et repris par NoPIB, avec l&#8217;aimable autorisation de Thierry Crouzet.</em></p>
<p><a href="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/05/4087023958_613958c1be1-450x301.jpg"><img src="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/05/4087023958_613958c1be1-450x301.jpg" alt="Partie de billard (flickr.com/photos/niederhoffer/4087023958/)" title="Partie de billard (flickr.com/photos/niederhoffer/4087023958/)" width="450" height="301" class="alignnone size-full wp-image-267" /></a></p>
<p>Dans un monde de plus en plus fluide, les structures hiérarchiques perdent en efficacité en même temps qu’elles froissent les individus épris de nomadisme. Pour favoriser l’innovation, la créativité, le bonheur de vivre, il faut créer des environnements propices à l’interaction sociale plutôt que vouloir créer des entreprises sur l’ancien modèle des startups.</p>
<h3>L’accroissement de la complexité</h3>
<p>Horizontalité, transversalité, réseau, coopération, collaboration… nous utilisons de plus en plus souvent ces mots pour désigner les nouvelles structures de travail et, plus généralement, d’organisation. Est-ce un phénomène de mode ou la conséquence d’une évolution plus profonde, et d’une certaine manière irréversible ?</p>
<p>Répondre à cette question est un préalable. Si nous vivons une mode passagère, inutile peut-être d’y adhérer. En revanche, si le phénomène s’inscrit dans notre histoire, il serait vain de le nier ou de s’arcbouter contre lui. Quelle peut donc être son origine ? Qu’est-ce qui le provoque ?</p>
<p>Utilisons une métaphore pour mieux comprendre la situation. Au cours d’une partie de billard, le joueur frappe la boule blanche qui en frappe d’autres, qui en frappent d’autres à leur tour. Quelle que soit la force de l’impulsion initiale, au bout de quelques secondes les boules s’immobilisent à cause des frottements. Un bon mathématicien peut modéliser sans trop de difficulté la cinétique de la partie. Nous sommes dans une situation relativement simple.</p>
<p>Remplaçons maintenant le tapis de feutrine du billard par de la glace, mieux par un coussin d’air comme sur les tables de air-hockey. Le même joueur qui frappe la même boule blanche la verra provoquer bien plus de perturbations dans le petit monde des autres boules. En réduisant les frottements, on accroît la complexité.</p>
<p>Quittons le billard et intéressons-nous à notre société. Que se passe-t-il quand deux personnes commencent à se parler sur un réseau social ? Lorsqu’elles se lisent par hasard sur un blog ? Qu’elles discutent sur Twitter ? Qu’elles échangent leurs cartes de visite via leur téléphone ? Ou même quand elles prennent le train ou l’avion pour un oui ou pour un non et qu’elles vont dans un autre coin du monde transporter leur influence ?</p>
<p>Nous sommes en fait passés du tapis de feutrine au coussin d’air. Avec nos nouvelles technologies d’interconnexion, nous réduisons certaines frictions sociales, celles qui d’une manière ou d’une autre tenaient les gens éloignés les uns des autres et limitaient leurs interactions. Ce mouvement naissant complexifie notre monde. Les conséquences de nos paroles et de nos faits et gestes se font sentir de plus en plus loin, ils frappent de plus en plus d’autres individus. À tel point que les modélisations mathématiques se heurtent à de sérieux écueils mêmes avec les ordinateurs les plus puissants. Que l’avenir nous apparait plus imprévisible que jamais avec la survenue de plus en plus fréquente de black swan. Que contrôler la société, ou même simplement une communauté, devient une gageure. Nous pouvons écrire un théorème&nbsp;:</p>
<blockquote><p>Interconnexion =&gt; Fluidification =&gt; Complexification</p></blockquote>
<h3>Les hétérarchies</h3>
<p>Cette complexification ne dépend pas uniquement de notre volonté. Depuis que nous sommes des milliards sur terre, la biosphère nous lie les uns aux autres malgré nous. Mais nous avons notre part à jouer dans ce processus. Quelles possibilités avons-nous ?</p>
<p>1/ Nous décidons que cette complexité est inacceptable. Nous militons contre les nouvelles technologies et pour que rien ne change, certains même prônant les stratégies de réduction de la population.</p>
<p>2/ Toujours dans l’idée que la complexité est inacceptable, nous décidons de la faire baisser par nous-mêmes. Nous nous isolons. Nous coupons Internet. Ne voyageons plus. Freinons par tous les moyens la fluidification. Nous créons malgré nous les conditions favorables à l’ethnocentrisme ce qui ne peut qu’engendrer des conflits armés .</p>
<p>3/ Nous tentons de vivre la complexité et parions que des milliards d’hommes et de femme peuvent cohabiter harmonieusement sur terre.</p>
<p>Tous ceux qui parlent d’horizontalité, de transversalité, de réseau… ont plus ou moins consciemment opté pour ce troisième choix, le seul d’une certaine façon moralement acceptable.</p>
<p>Comment réussir ce tour de force ? Une observation tout d’abord. La complexité n’est pas tant en nous qu’entre nous, dans la société&nbsp;: les entreprises, les gouvernements, les associations… La complexité se gère au niveau individuel, puisque nous pouvons l’accroître ou la réduire, mais aussi au niveau collectif.</p>
<p>Comme l’a montré le cybernéticien Valentin Turchin, un système ne peut contrôler ses sous-systèmes que s’il dispose d’un niveau de complexité au moins égal au leur . Si dans une entité collective les individus créent des liens, ils augmentent la complexité, complexité qui elle-même répond à celle du monde extérieur. La structure de management doit donc accroître sa complexité pour répondre à celle du système.</p>
<p>Tant que les individus ont un pouvoir de complexification faible, les managers peuvent gérer la situation. En revanche, quand les individus ont pratiquement tous la même capacité de complexification, situation propre au monde technologique, l’organe de contrôle a de plus en plus de mal à augmenter sa complexité pour répondre à celle du système. Cette opération a un coût humain, énergétique et financier vite vertigineux.</p>
<p>Trois solutions se présentent.</p>
<p>1/ Si l’organe de contrôle empêche les individus de créer des liens, il solidifie le système pour éviter que sa complexité n’augmente. Nous nous retrouvons dans la situation qui conduit à l’ethnocentrisme.</p>
<p>2/ Si l’organe de contrôle abdique, le désordre s’installe, la complexité du système s’effondre. C’est un peu comme si sur une autoroute vous lâchiez soudainement le volant. Le système implose, devenant incapable de mener à bien ses anciens objectifs.</p>
<p>3/ Si l’organe de contrôle autonomise ses sous-systèmes, les libère, leur fait confiance et coopère avec eux plus qu’il ne les gère, la complexité interne de chacun des sous-systèmes diminue sans amoindrir la complexité globale. Plutôt qu’un seul gros système, on se retrouve avec de nombreux systèmes qui interagissent.</p>
<p>Ils nouent entre eux des relations d’égal à égal. Leurs hiérarchies s’entrecroisent, elles forment ce qu’on appelle des hétérarchies, c’est-à-dire des réseaux de coopération sans subordination. Cette absence de subordination est capitale. Elle implique un lien réciproque, mutuellement consenti, mutuellement retourné, et non un lien unidirectionnel de type maître esclave. C’est toute la différence entre l’interdépendance et la dépendance.</p>
<p>Ce processus ne s’arrête pas en si bon chemin. Comme dans chacun des sous-systèmes, les individus conservent leur pouvoir de complexification, l’autonomisation peut se poursuivre. Les sous-systèmes donnent naissance à des sous-sous-systèmes et ainsi de suite jusqu’à ce que nous n’ayons plus que des individus qui interagissent les uns avec les autres. À ce moment, ils s’auto-organisent. Nous sommes passés d’une organisation coercitive à une organisation fluide en évitant le piège de l’implosion.</p>
<p>Nous avons nous-mêmes construit cette transition en usant de notre pouvoir de créer des liens. Plus nous nous rendons interdépendants, plus nous nous dégageons des structures de management. In fine, nous dépendons uniquement les uns des autres&nbsp;: nous sommes libres. Nous aboutissons à un nouveau théorème&nbsp;:</p>
<blockquote><p>La complexité ne peut s’accroître qu’avec un accroissement concomitant des libertés individuelles.</p></blockquote>
<p>Si nous usons de cette liberté pour créer de nouveaux liens et démultiplier la complexité, le processus se renforce par feedback positif&nbsp;:</p>
<blockquote><p>Plus nous nous lions les uns aux autres, plus nous sommes libres.</p></blockquote>
<p>C’est un résultat contre-intuitif, mais identifié par les psychologues et les philosophes. Ils parlent d’idiosyncrasie. Plus les gens ont de relations sociales, plus ils se singularisent. «&nbsp;Mes amis me définissent.&nbsp;»</p>
<p>Ainsi, nous ne nous libérons pas en coupant les liens qui nous lient aux autres, mais, au contraire, en les multipliant. Albert Jacquard a relevé le paradoxe en écrivant&nbsp;: «&nbsp;Pour être réaliste, je dois voir en l’autre une source qui contribuera à ma propre construction. Car je suis les liens que je tisse ; me priver d’échanges c’est m’appauvrir. Le comprendre c’est participer à l’Humanitude.&nbsp;»</p>
<p>Maximiser l’interdépendance maximise la liberté.</p>
<p>Par exemple, si nous coupons le lien avec notre boulanger, nous devons pétrir et cuire notre pain. Plus nous coupons de liens avec la diversité environnante, plus nous devons faire nous-mêmes, nous finissons par faire exactement la même chose que tous ceux qui coupent les liens, ne serait-ce que pour répondre à nos besoins élémentaires. Nous renonçons à nous singulariser, nous réduisons notre individuation.</p>
<p>Il se produit la même chose dans le domaine culturel. Si je décide que les écrivains publient n’importe quoi, si je cesse de les lire, je dois m’inventer mes propres histoires. Je m’enferme alors dans un monde étriqué, j’invente les mêmes histoires que des millions d’autres personnes qui ont effectué le même choix que moi.</p>
<p>De même, si je suis habité par la croyance que des forces transcendantes régissent le monde, je peux m’enfermer dans une religion. Ce faisant, je me coupe des autres religions et me prive d’un immense réservoir de sagesse.</p>
<p>En coupant les liens, en nous libérant des autres, nous réduisons nos possibilités existentielles. En apparence plus libres, parce que moins dépendants, nous sommes en réalité prisonniers d’une tribu.</p>
<p>Nous nous trouvons dans une situation paradoxale et pas nécessairement intuitive. Plus nous nous lions avec d’autres, plus nous accroissons la complexité et par réaction notre liberté ce qui conduit à une plus grande individuation.</p>
<p>Pour nous individualiser, nous devons sans cesse tisser des liens.</p>
<p>Je peux maintenant mettre bout à bout tous les théorèmes. La fluidification augmente la puissance d’agir, donc la liberté. Elle permet le processus d’individuation qui, à son tour, renforce la coopération. Une fois plus individué, on profite d’autant plus des possibilités offertes par la fluidification. Ce processus s’auto-entretient par feedback positif.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-263" title="La liberté, c'est le lien" src="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/05/liberta-450x175.png" alt="La liberté, c'est le lien" width="450" height="175" /></p>
<h3>Le nomadisme</h3>
<p>Imaginons une société où vivent de plus en plus d’hommes et de femmes pleinement individués. Ce que l’un aime, l’autre ne l’aime pas nécessairement. Cela est vrai dans le domaine des biens comme des services. Un produit fabriqué en grande série n’a guère de chance de les toucher. Conséquences&nbsp;: les producteurs fabriquent des produits en séries de plus en plus petites et il existe de plus en plus de séries, donc potentiellement de plus en plus de producteurs.</p>
<p>En 2004, Chris Anderson décrivit ce phénomène avec sa théorie de la longue traîne. Dans la distribution traditionnelle, dès qu’un produit ne se vend plus suffisamment, il est déréférencé, parce qu’il occupe en rayonnage un espace qui n’est plus rentable.</p>
<p>Sur Internet en revanche, les rayonnages étant potentiellement infinis, il n’y a aucune raison de déréférencer un produit. Un libraire en ligne peut avoir des millions de livres à son catalogue. S’il dispose d’une bonne technologie de filtrage et de recommandation, les livres qui traditionnellement ne sont plus vendus continuent de se vendre, réalisant jusqu’à 30 % du chiffre d’affaires total. Cela signifie que les acheteurs n’achètent plus tous les mêmes produits, mais que nombre d’entre eux vagabondent hors des sentiers battus.</p>
<p>Anderson se contenta de décrire une nouvelle possibilité de business. Pour lui, de grandes entreprises pouvaient augmenter leurs revenus en adressant la longue traîne. Pour réussir ce tour de force, elles pouvaient d’ailleurs agréger les offres de vendeurs indépendants… qui chacun réussiraient à tirer son épingle du jeu.</p>
<p>La théorie d’Anderson a été contestée. Souvent les indépendants vendent trop peu pour survivre. Quand elle se produit, la longue traîne profite avant tout à la grande entreprise qui la met en œuvre.</p>
<p>Mais la théorie a aussi des implications politiques qu’Anderson n’a guère abordées. Si nous nous individuons, nous avons besoin d’une longue traîne. Si elle n’existe pas, nous devons la créer pour disposer des produits matériels ou immatériels qui combleront nos goûts variés.</p>
<p>Un mouvement de grande ampleur a débuté en ce sens. Parfois appelé DIY pour Do it yourself, faites-le vous-mêmes, ses panégyristes partent du principe qu’un être individué ne peut plus se satisfaire d’un produit créé en masse. «&nbsp;Plutôt que de sombrer dans le consumérisme, soyons acteur de notre propre consommation.&nbsp;» Sur Internet, des centaines de sites expliquent comment fabriquer et personnaliser une multitude d’objets du quotidien.</p>
<p>Dans le même esprit, des micro-entrepreneurs, c’est-à-dire des artisans qui souvent s’appuient sur les technologies de pointe, créent des produits à l’unité qu’ils ne fabriquent qu’à la demande et qui peuvent être personnalisés. Parfois ils utilisent des imprimantes 3D qui sculptent la matière. Une nouvelle façon de travailler et de consommer se développe. Le créateur et l’acheteur établissent entre eux un lien tout aussi personnalisé que l’objet qui en résulte.</p>
<p>Alors, chercher les manifestations de la longue traîne chez tel ou tel vendeur, dans tel ou tel domaine, n’a aucun sens. La longue traîne se manifeste dans l’ensemble de la société. L’individuation implique une offre compatible avec ce projet de vie. Entreprises de petites tailles et immense diversité de l’offre.</p>
<p>Rien à voir avec le monde capitaliste à l’honneur au xxe siècle. Une entreprise produisait alors une faible variété de produits, mais chacun en grand nombre. Un constructeur automobile disposait d’une dizaine de gammes, mais produisait chaque modèle par milliers, voire par millions. Il employait des centaines, voire des milliers de personnes, toutes rangées dans des cases, souvent identiques. Le désir mimétique poussait alors les clients à acheter les mêmes modèles.</p>
<p>La société était monolithique, une société de sédentaires. Tout le monde se levait à la même heure, partait travailler à la même heure, faisait une pause à la même heure, écoutait les mêmes informations à la radio ou à la télévision, retravaillait pour la même durée avant de regagner la maison à la même heure et une nouvelle fois subir le même lavage de cerveau. La norme s’imposait à tous dans une société mécanisée.</p>
<p>Mais plus nous nous interconnectons, plus nous cassons les rituels. Nous nous individuons, nous accroissons la complexité, poussons les entreprises à mêler leurs hiérarchies et à se subdiviser en unités de plus en plus autonomes qui coopèrent en réseau.</p>
<p>Traditionnellement, une entreprise s’apparente à une structure qui veut maintenir sa complexité propre par-devers celle de l’environnement. C’est une cellule dans un organisme plus vaste. Avec sa peau, sa frontière, elle empêche les composés internes de créer des liens arbitraires avec l’extérieur.</p>
<p>Cette approche avait tout son sens lorsque l’interconnexion entre les individus était difficile. Quand deux entreprises interagissaient, leurs employés interagissaient. Cet effet de levier n’a plus guère d’intérêt quand chacun des individus peut interagir par lui-même dans une infinité de modalités.</p>
<p>Une entreprise s’apparente à une ethnie qui emprisonne ses employés dans un jeu de règles et de codes. En freinant l’interconnexion, elle entretient le désir mimétique. Même si elle tente d’adopter des modèles d’organisation horizontaux, elle reste une structure stable et relativement durable, en-tout-cas qui cherche à imposer sa marque dans le temps. L’entreprise s’oppose au nomadisme. Car si nous usons de notre pouvoir de créer des liens, si nous accroissons la complexité sociale qui nous entoure, nous rendons inopérantes les structures de management des entreprises traditionnelles. Elles ont de plus en plus de mal à maintenir leur intégrité dans un monde qui se dématérialise et qui favorise les liens. Peu à peu, elles libèrent leurs sous-systèmes jusqu’au niveau de l’individu.</p>
<h3>Call to action</h3>
<p>Comment prendre en compte ce désir croissant d’individuation ? Ce désir d’être soi tout en se liant davantage aux autres ? Comment profiter de la complexification qui en résulte plutôt que de la subir ? Les politiques autant que les entrepreneurs doivent se poser ces questions.</p>
<p>Le monde change. Jadis peuplé de sédentaires, dans une certaine mesure qui se contentaient des liens proposés par leur environnement immédiat, des nomades l’envahissent peu à peu, en quête perpétuelle de nouveaux liens qui stimuleront leur créativité.</p>
<p>On peut bien sûr continuer à encourager les startups. Quel est leur principe ? Une petite équipe travaille sur une idée, récolte des fonds, construit une entreprise avec des salariés selon le modèle traditionnel. Si elle grossit, et c’est son but, elle se heurtera à la complexité environnante. Par ailleurs, ses employés, dans une certaine mesure liés de manière unidirectionnelle, verront le développement de leur individuation entravé.</p>
<p>Est-ce la meilleure méthode pour accompagner la nomadisation croissante des individus ? Sans doute pas. Ils préfèrent se lier de manière coopérative et souple, souvent de façon informelle, interagissant sur des projets plutôt qu’à l’intérieur de structures définies. Ils se retrouvent sur le Net, dans les réseaux sociaux, où dans divers lieux, souvent des cafés, ces tiers-lieux qui maximisent l’interaction, la complexification, l’individuation… Pour stimuler l’innovation au xxie siècle, nous n’avons d’autre choix que de favoriser cet environnement adapté aux nomades.</p>
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		<title>Simplifions la loi Grenelle 2</title>
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		<pubDate>Thu, 06 May 2010 20:43:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Démocratie & Gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[À la une]]></category>

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		<description><![CDATA[Le collectif Regards Citoyen, bénévole et transpartisan, s'est fixé comme objectif de proposer aux citoyens un accès facilité au fonctionnement des institutions françaises. C'est dans cet esprit que le collectif a développé sur son site NosDeputes.fr, l'observatoire de l'activité parlementaire, un outil intitulé « Simplifions la loi 2.0 » qui permet aux citoyens d'accéder à l'intégralité d'un texte législatif et de pouvoir apporter son opinion sur chaque article, alinéa et amendement.

A l'occasion du projet de loi Grenelle 2, les citoyens sont à nouveau invités par le collectif à venir apporter leur contribution au débat politique, en soumettant leurs analyses et opinions sur les différentes dispositions du projet de loi et les amendements. La lecture des textes est facilitée par la création automatique de liens sur les différents articles de loi cités, afin d'utiliser pleinement les fonctionnalités du Web. Il s'agit donc d'une autre manière d'investir le champ politique, au-delà des partis et de participer à une forme de co-production législative.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://nopib.fr/wp-content/uploads/2010/05/regardscitoyens-300x186.jpg" alt="Regards Citoyens" title="Regards Citoyens" width="300" height="186" class="alignright size-medium wp-image-242" />Le collectif <a href="http://www.regardscitoyens.org/">Regards Citoyens</a>, bénévole et transpartisan, s&#8217;est fixé comme objectif de proposer aux citoyens un accès facilité au fonctionnement des institutions françaises. C&#8217;est dans cet esprit que le collectif a développé sur son site <a href="http://www.nosdeputes.fr/">NosDeputes.fr</a>, l&#8217;observatoire de l&#8217;activité parlementaire, un outil intitulé « Simplifions la loi 2.0 » qui permet aux citoyens d&#8217;accéder à l&#8217;intégralité d&#8217;un texte législatif et de pouvoir apporter son opinion sur chaque article, alinéa et amendement.</p>
<p>A l&#8217;occasion du projet de loi Grenelle 2, les citoyens sont à nouveau invités par le collectif à venir apporter leur contribution au débat politique, en soumettant leurs analyses et opinions sur les différentes dispositions du projet de loi et les amendements. La lecture des textes est facilitée par la création automatique de liens sur les différents articles de loi cités, afin d&#8217;utiliser pleinement les fonctionnalités du Web. Il s&#8217;agit donc d&#8217;une autre manière d&#8217;investir le champ politique, au-delà des partis, et de participer à une forme de co-production législative.</p>
<p>Avec le développement, encore laborieux, de la transparence et de la réutilisation des données publiques, de nombreuses initiatives de ce genre devraient apparaître. Ces initiatives enthousiasmantes créent de nouveaux espaces d&#8217;expression démocratique et permettront peut-être, à terme, une réappropriation par les citoyens de la « chose publique ».</p>
<p>Accéder à &laquo;&nbsp;<a href="http://www.nosdeputes.fr/Grenelle2">Simplifions la loi Grenelle 2</a>&nbsp;&raquo;</p>
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